Féminisme

En 2018, j’ai le droit de contribuer à #metoo mais on me traite de mytho. J’ai le droit de ne pas me maquiller mais on me demande si j’assume mon côté féminin . J’ai le droit de mettre une jupe mais on me traite de pute. J’ai le droit de prendre une cuite mais faut que je vérifie ce qu’il y a dans mon verre. J’ai le droit porter plainte pour violences conjugales mais on me retire mon titre de séjour. J’ai le droit de recourir à l’IVG mais on essaie de m’en dissuader. J’ai le droit d’avoir un compte en banque mais on m’y vire 23% de moins qu’à mon mari. J’ai le droit de me marier avec elle mais on me crache dessus dans la rue. J’ai le droit d’ouvrir ma gueule mais on me coupe la parole. J’ai le droit de balancer mon porc par tous les pores mais il grogne encore.

En 2018, je suis encore loin d’être l’égale de l’homme. Mais je me sens moins seule. En 2018, je suis encore loin d’être l’égale de l’homme. Mais je me sens moins sale. En 2018, je suis encore loin d’être l’égale de l’homme. Mais je me sens moins elle sous il, et plus moi.

Carole Everaere. Extrait de slam

Agir contre le sexisme

Le sexisme, c’est l’ensemble des idéologies, pratiques, attitudes discriminatoires à l’encontre des femmes : harcèlement, inégalités salariales, blagues sexistes, violences faites aux femmes, …. Cet ensemble d’oppressions a une même racine : les stéréotypes sexués. Ils sont construits culturellement, véhiculés dans l’éducation, les médias, … et ils légitiment une hiérarchisation des sexes.

Pourquoi cibler le sexisme, qui n’est malheureusement pas la seule oppression ? Aujourd’hui, en France, le sexisme tue. Chaque femme peut témoigner de moments de leur vie, de leur quotidien, où le fait d’être une femme les a freiné ou empêché de faire, dire, penser quelque chose, que ce soit dans la famille, au travail, dans la rue, en politique, pendant un loisir, etc. Le sexisme nous concerne toutes et tous, ici, maintenant.

En France aujourd’hui, le sexisme est particulièrement invisibilisé. Nos grands-mères ont conquis des droits, mais que cela n’a pas suffi. Les lois ne font pas tout, et les appliquer restent encore une lutte dont peuvent témoigner de nombreuses femmes. Surtout, le sexisme semble incorporé en chacun et chacune de nous, incrusté au plus profond de notre société.

C’est donc à partir d’une prise de conscience de ce qui se joue en chacun.e de nous et dans nos rapports aux autres, que le véritable changement peut s’opérer. D’où la pertinence d’une démarche d’éducation populaire.

 

Bibliographie subjective

  • Éducation populaire et féminisme. Récits d’un combat (trop) ordinaire. Analyses et stratégies pour l’égalité. Ouvrage collectif écrit par 11 femmes de l’association « La Grenaille », réseau d’éducation populaire.
  • Les cahiers du Pavé, #3 Récits de vies, 2014
  • BELOTTI Elena Gianini, Du côté des petites filles, 1974
  • CHOLET Mona, Beauté Fatale, les nouveaux visages d’une aliénation féminine, 2012
  • Collectif, Contre les jouets sexistes, 2007
  • DAVIS Angela, Femmes, Race et Classe, 1983
  • DELPHY Christine, L’ennemi principal. Tome I et II. 1998-2001
  • DESPENTES Virginie, King Kong Théorie, 2011
  • DORLIN Elsa, Se défendre, 2017
  • FALQUET Jules, HIRATA Helena, KERGOAT Danièle, LABARI Brahim, LE FEUVRE Nicky, SOW Fatou (dir.), Le sexe de la mondialisation. Genre, classe, race et nouvelle division du travail, 2012
  • MAUREL Christian, Education populaire et travail de la culture. Elements d’une théorie de la praxis, 2000
  • MONNET Corinne, « La répartition des tâches entre les hommes et les femmes dans le travail de la conversation », Nouvelles Questions Féministes, vol.19, 1998
  • PERRIERA Irène, Paulo Freire, Pédagogue des opprimé.e.s, 2017
  • PERROT Michèle, Les femmes ou les silences de l’Histoire, 1998
  • VIENNOT Eliane, Non, le masculin de l’emporte pas sur le féminin ! Petite histoire des résistances de la langue française, 2014

 

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